Aerosmith peut résilier sa carte Vermeil.
Les « papys » du hard n’ roll ont prouvé qu’ils pouvaient encore dégager une énergie juvénile. L’enthousiasme et la générosité de Steven Tyler à l’égard du public sont indéniablement présents. 10 ans les séparent de leur dernière date française et ils n’ont pas pris une ride.
Bercy commence à être chauffé à bloc, après une très intéressante première partie assurée par Rose Hill Drive, qui conduit le public de bout en bout avec des compositions inspirées de Led Zep, Queens of the Stoned Age… Enfin, du bon rock, quoi !!!
Arrivée d’Aerosmith à 21.30.
La foule exulte. La scène est épurée, une longue allée traverse la fosse laissant Mr Tyler aller et venir, peu d’effets de lumière, un écran géant domine l’ensemble de l’espace. Le groupe investit la scène, Steven Tyler, bandana accroché au micro, looké très hippie chic, commence à faire le show à lui tout seul. « Love in an elevator » en guise de d’apéro et les cinq de Boston passent au plat de résistance : « Fallin in Love », un tonitruant « Cryin » qui fut l’occasion de revoir des images du clip, « Eat the rich » et son rot final, la set list est prometteuse. Le groupe est au meilleur de sa forme, Steven Tyler a la silhouette d’un adolescent longiligne, boosté aux « vitamines », Mister Perry, lui, imperturbable et plein de sobriété, transcende l’image du guitariste soliste, charismatique et mystérieux. Petit moment d’émotion avec « If I don’t wanna miss a thing », commencée au piano et la voix impeccablement vieillie de Steven. Une pluie d’écran de téléphones portables s’abat sur la foule. L’effet est moins féerique qu’avec les bons vieux briquets désormais, bannis des salles de concert ainsi que leurs indissociables cigarettes. S’en suivront « Jaded », « Rag Doll »,… « Baby, please don’t go », leur dernier single en date. Entre deux chansons, Steven Tyler soulève son marcel blanc et laisse entrevoir un « Lèche moi », inscrit au marqueur sur le bas ventre, des plus raffinés. On sent bien qu’il a toujours l’âme de ses 15 ans, faisant des grimaces, jouant avec son pied de micro, dévalant la scène de gauche à droite, serrant des mains pendant une ou deux minutes à chaque passage. Il a su garder son esprit rock n roll tout en dépassant de loin l’âge de raison. Chapeau bas !
Lorsque les "toxic twins" investissent le bout de l'allée pour être au "milieu" de la fausse afin d'offrir "Seasons of Wither", les fans sont subjugués par la complicité des deux piliers d'Aerosmith. L'alchimie de ces deux-là est toujours intacte après tant d'années de succès et d'excès en tout genre. Le reste du groupe (Brad Whitford, un peu empâté, Joey Kramer et Tom Hamilton) soutient d'une main de fer la rythmique. Whitford assure fort bien les rares solos que lui laisse Perry, ce qui traduit une fois de plus de la cohérence d'Aerosmith. Arrive l’un des tubes ayant le plus de versions de leur répertoire, « Dream On », la foule, décidément très calme voire trop calme, se réveille un petit peu à l’écoute de l’intro. La chanson groove un maximum, le groupe est très haut dans les sphères sonores. Sir Tyler lance la gueulante de l'entre deux couplets , mais encore une fois, il éloigne le micro (gueulante, entendue une seule et unique fois lors d'une interprétation en collaboration avec l'orchestre de l'école musicale américaine Berkley, "check Youtube"). Dommage... La playlist reprend ses droits avec "SOS Too Bad", l'hymne "Livin on the Edge", "Don't Stopping Around", Perry, seul, au chant, s'en sort plutôt bien et Hamilton faisant sautiller ses notes de basses sur "Sweet Emotion". Le show se termine sur l'excellent "Draw The Line", Perry, très en forme, bat sa guitare à grands coups de chemise laissant s'échapper à chaque choc, une nuée de poudre d'étoiles. Juste après que Kramer aie fait retentir sa dernière pulsation, Perry se jette dans la batterie comme à la bonne époque... Quelques minutes d'attente pour l'indispensable rappel et le riff de "Walk This Way" déclenche l'hystérie du public, enfin. A croire qu'il n'était venu que pour cet instant. La fin du concert est grandiloquente, Perry passe sa Gibson en mode "autoroute", sa vélocité est incroyable, la pertinence de son jeu d'une justesse à faire pâlir BB King. Les lumières de Bercy se rallument mais Steven et les autres sont toujours sur scène, remerciant le public. Un petit Extra ? Effectivement, ils offrent la surprise d'un deuxième titre en rappel et quel titre : "Mama Kin". Paris aura été la seule ville d'Euope à avoir entendu la magie de ce hit. Thanks Guys !!!
Même à presque 60 ans, Steven Tyler déclenche toujours autant d'enthousiasme. On ne peut que saluer sa prestation d'un large sourire en espérant qu'il décide de revenir faire un tour en France avant qu'il ne le puisse plus.
Super résumé de la soirée !! ce concert fut le concert de ma vie !! 10 ans d'attente pour un moment inoubliable dans la chaleur intenable de Bercy !!!